Grands penseurs en éducation- Jozseft Eövöst
11 pages
Published by
painchar
Copyright :
All rights reserved
1
Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993, p.
323-335.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
[More]
1
Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993, p.
323-335.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
Ce document peut être reproduit librement, à condition d’en mentionner la source.
JÓZSEF EÖTVÖS
(1813-1871)
István Mészáros
1
« On veut donner aujourd’hui à l’État la prérogative d’assurer l’éducation de ses citoyens,
estimant que c’est là le meilleur moyen d’exercer une influence sur les opinions de la
population.
Je suis pour ma part hostile à cette idée parce que, du moins dans un pays libre, on
ne saurait conférer à l’État (ou à ceux qui sont investis de son autorité) un pouvoir qui non
seulement entamerait la liberté de l’individu, mais réduirait à néant toutes chances de progrès,
un pouvoir que les détenteurs de la puissance publique utiliseront toujours, les choses étant ce
qu’elles sont, pour renforcer leur propre position.
L’avantage d’une constitution libérale tient
précisément au fait que, sous son empire, ce sont les opinions des citoyens qui déterminent les
orientations du gouvernement.
Et quiconque cherche à inverser cette relation, postulant que
c’est au gouvernement qu’il appartient de définir ce que le citoyen doit penser, est en
opposition fondamentale avec l’idée d’État libre.
»
L’auteur de ces lignes était manifestement un adversaire résolu d’un État
interventionniste, centralisateur et omniprésent qui exercerait son pouvoir de manière quasi
dictatoriale.
C’est vers 1850 que József Eötvös, éminent politicien et homme d’État hongrois,
formula sa philosophie dans un ouvrage qui devait être publié ultérieurement en deux volumes
en langue hongroise sous le titre L’influence des idées maîtresses du XIX
e
siècle sur le
gouvernement.
Le premier tome parut à Vienne en 1851, le second à Pest en 1854.
La citation
donnée plus haut est tirée de ce dernier, où l’auteur examine les chances et les perspectives
d’un système public d’éducation fortement centralisé.
Dans son analyse, il fait délibérément abstraction du fait qu’avec des changements
fréquents de gouvernement, les personnes et les principes qui président à la politique de
l’éducation risquent également de changer.
Dans le cas d’un système éducatif centralisé, cela
peut conduire à l’application de principes fort différents, voire parfois contradictoires.
Les
élèves se retrouveront alors finalement « sans aucune opinion fermement établie ».
La principale raison invoquée par Eötvös pour rejeter tout système éducatif centralisé
et absolutiste est la différence fondamentale entre l’instruction et l’éducation.
L’instruction ne
représentant en fait qu’une part minime de l’éducation, « elle ne peut jamais exercer une
influence décisive sur l’esprit des citoyens, surtout pour ce qui est du type de constitution
réellement souhaité ».
Plusieurs exemples historiques viennent, selon lui, corroborer cette idée.
Pendant des siècles, l’Église catholique romaine a eu un système d’enseignement
hautement centralisé, qui pourtant n’a pas empêché la Réforme.
Puis est venu le système
d’enseignement des Jésuites, organisé dans un esprit de stricte discipline militaire.
Mais les
collèges des Jésuites ont-ils été finalement « capables de prévenir la révolution dans l’esprit
des hommes, ce pour quoi ils avaient été effectivement conçus ? Et oublions le trait d’esprit
qui fait de Voltaire un simple disciple des Jésuites ! Nombre de physiocrates et
d’encyclopédistes étaient dans la même situation, comme d’ailleurs toute une génération qui,
poussée par son hostilité envers l’Église et l’ordre établi - l’Ordre avec un O majuscule - est
allée jusqu’aux frontières de la déraison ; or tous avaient grandi sous l’influence des
Jésuites .
.
.
»
[Less]
Insert a miniCalaméo on your website or your blog