Grands penseurs en éducation- Henri Wallon
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Ce texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92),
p.
821-835.
©UNESCO : Bureau international...
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Ce texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92),
p.
821-835.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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HENRI WALLON
(1879 -1962)
Hélène Gratiot-Alphandéry1
Henri Wallon aura laissé dans l’histoire des idées de ce siècle l’image d’un psychologue, bien
plus que celle d’un éducateur.
Pourtant son nom, associé à celui de l’illustre physicien Paul
Langevin, s’inscrit aujourd’hui en France au fronton de nombreux établissements scolaires.
Il
fut, en effet avec Langevin, l’auteur d’un projet de réforme de l’enseignement français qui,
même s’il ne fut jamais mis en œuvre, demeure le plus complet et le plus original de ce siècle.
Largement connu tant en France que dans certains pays étrangers, ce projet inspira, de façon
plus ou moins directe, bon nombre d’autres projets, ainsi que quelques réformes partielles.
Dans cet essai, nous tenterons de suivre le parcours intellectuel d’un savant dont toute
l’œuvre est consacrée à l’étude de l’enfant, aux conditions de son développement, aux
caractéristiques de ses conduites et de son évolution.
Les étapes d’une carrière
Né à Paris en 1879 dans une famille de la grande bourgeoisie du Nord de la France, Henri
Wallon y est élevé avec ses six frères et sœurs « dans une atmosphère républicaine et
démocratique ».
Entré à l’École Normale Supérieure en 1899, il est reçu à l’agrégation de
philosophie en 1902 : une carrière d’enseignant paraît s’ouvrir devant lui.
Après un an de
professorat au lycée de Bar-le-Duc, il décide d’entamer des études de médecine pour se diriger
ultérieurement, à l’exemple de son aîné Georges Dumas, vers la psychologie.
C’est pourtant la
psychiatrie qui va le retenir pendant bien des années, plus spécialement la psychiatrie de
l’enfant, dans les différents services hospitaliers, avec un intérêt marqué pour les anomalies
motrices et mentales de l’enfant sur lesquelles il consigne, de 1908 à 1914, de très nombreuses
observations.
Mobilisé en qualité de médecin pendant la Première Guerre Mondiale, il lui semble à
son retour à la vie civile que ses observations sont devenues caduques.
Il réécrit donc sa thèse
de doctorat qu’il soutiendra en 1925 et qui, consacrée aux « stades et troubles du
développement moteur et mental de l’enfant », paraîtra plus tard sous le titre de « L’enfant
turbulent ».
Dès 1919, pourtant, son intérêt marqué — et assez exceptionnel à l’époque —
pour la psychologie de l’enfant lui vaudra d’être appelé à donner à la Sorbonne une série de
conférences sur ce sujet.
Cependant, cet enseignement, si prestigieux soit-il, ne le satisfait pas
pleinement : il assure dans un dispensaire d’un quartier ouvrier de Paris des consultations
médico-psychologiques, et met sur pied en 1922, dans une école de la banlieue parisienne à
Boulogne-Billancourt et avec le concours de quelques instituteurs, un petit laboratoire qui sera
tout à la fois un lieu d’enseignement et de recherche, y accueillant des étudiants du niveau de
licence et de futurs Inspecteurs de l’éducation et se lançant dans des travaux de recherche sur
le développement psychologique de l’enfant par voie d’entretiens et d’enquêtes sur leur
adaptation scolaire et sociale en d’utilisant quelques-uns des premiers tests alors connus.
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