Grands penseurs en éducation- Philipp Melanchthon
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol .
XXVI, n°3, septembre 1996,
p.
651-661.
©UNESCO : Bureau international...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol .
XXVI, n°3, septembre 1996,
p.
651-661.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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PHILIPP MELANCHTHON
(1497-1560)
Horst F.
Rupp1
Aucun grand mouvement historique, sauf s’il choisit délibérément d’être un phénomène
éphémère, ne saurait s’abstenir d’une activité pédagogique destinée à transmettre la doctrine
nouvelle aux générations futures.
Cette activité s’incarne le plus souvent dans une ou plusieurs
figures historiques.
Ces deux remarques s’appliquent au mouvement de la Réforme, qui prit
naissance et connut son apogée en Allemagne.
Voisinant avec les événements historiques aussi
importants que la découverte des Amériques, l’invention de l’imprimerie et le passage de la
conception géocentrique à la conception héliocentrique du monde, la Réforme marqua un
tournant décisif entre le Moyen Âge et les temps modernes.
Elle mettait fin au consensus
religieux et philosophique qui avait prévalu jusqu’alors en Occident sur la base de la religion
catholique et romaine et d’une Église ayant à sa tête le pape de Rome, personnification de cette
religion.
Du point de vue de l’histoire des mentalités, le dualisme religieux et philosophique
instauré par la Réforme, avec le catholicisme d’un côté et le protestantisme de l’autre,
inaugurait le pluralisme qui devait devenir le trait fondamental du monde contemporain jusqu’à
aujourd’hui.
En Allemagne, la Réforme est incarnée avant tout par Martin Luther (1483-1546), qui a
donné son nom aux Églises fondées sur ses croyances et sa théologie.
La doctrine de Luther,
suivant laquelle il suffit à l’homme, pour être sauvé, d’accepter pieusement l’amour absolu que
Dieu lui porte, ébranla les bases mêmes de l’Église romaine du Moyen Âge, qui s’était
dogmatiquement proclamée seule capable de conduire les hommes au salut.
Luther lui-même se rendait parfaitement compte que la réflexion et l’action pédagogique
étaient indispensables pour assurer la permanence du mouvement qu’il avait créé.
Outre ceux
de ses écrits explicitement consacrés à la réforme de l’éducation, comme Aux conseillers
municipaux de toutes les villes d’Allemagne, pour qu’ils fondent et maintiennent des écoles
chrétiennes (1524), le Sermon où il est proposé que les enfants soient envoyés à l’école
(1530) et le Message au clergé de l’Électorat de Saxe sur l’instruction des visiteurs (1538),
de nombreuses références attestant l’importance qu’il attachait à l’aspect pédagogique de ses
réformes émaillent l’œvre écrite considérable qu’ils nous a laissée.
Pourtant, la complémentarité de la Réforme et de l’enseignement, et leur vocation à se
stimuler mutuellement ne furent pas acceptées d’emblée par tous.
L’un des principaux courants
d’opinion au sein du nouveau mouvement s’opposa d’abord de la façon la plus nette à
l’éducation, qu’il assimilait à l’enseignement scolastique dispensé par l’Église au Moyen Âge
(cf.
Reble, 1981, p.
84 et suiv.
).
Il arrivait aux « Enthousiastes » d’enseigner et de mettre en
pratique une sorte de spiritualisme et d’absolutisme religieux qui considérait la spiritualité
présente chez tout être humain comme une source de révélation divine au même titre que les
Ecritures.
Cette position est illustrée par Andreas Bodenstein, également connu sous le nom de
Karlstadt, sa ville natale (env.
1480-1541), qui conseillait à ses fidèles d’abandonner
complètement leurs études scolaires et universitaires pour se consacrer à l’agriculture (voir.
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