L'ESTEY MALIN N°15 - Août, septembre 2005
16 pages
Published by
ARCACHON COMMUNICATIONS
Copyright :
All rights reserved
LA GAZETTE AU SERVICE DE L’INFORMATION DE PROXIMITE DU NORD-BASSIN - TIRAGE 40 000 - GRATUIT Août-Septembre 2005
Zones de distribution : Lège-Cap Ferret- Arès - Andernos-les-Bains - Lanton-Cassy-Taussat-Blagon - Audenge - Biganos -...
[More]
LA GAZETTE AU SERVICE DE L’INFORMATION DE PROXIMITE DU NORD-BASSIN - TIRAGE 40 000 - GRATUIT Août-Septembre 2005
Zones de distribution : Lège-Cap Ferret- Arès - Andernos-les-Bains - Lanton-Cassy-Taussat-Blagon - Audenge - Biganos - Le Porge - Le temple
La “saison” est presque terminée et les professionnels commencent à en faire le bilan.
Si la fréquentation a augmenté cet été, en revanche la consommation a fortement baissé (environ 20 %).
Quand
on fait l’analyse, deux principales causes émergent : les prix augmentent et le revenu disponible
diminue.
Oui ! Messieurs “qu’on nomme grands” notre pouvoir
d’achat chûte.
Vous n’avez pas l’air de vous en rendre compte mais
la spirale infernale de la baisse des revenus, de l’augmentation des
prélèvements et des prix commence à nous étouffer et accessoirement à nous “gonfler”.
Mais, vous êtes excusables, en effet, il est très
difficile de s’en rendre compte quand voiture, chauffeur, logement,
nourriture, garde du corps et j’en passe sont payés par le contribuable et le salaire n’est quasiment que de l’argent de poche.
Tous les
professionnels du tourisme pourront d’ailleurs vous dire que cette
année nous avons eu des estivants français énervés, irrascibles et
tendus.
La rentrée sera chaude.
.
.
Même nous, les artisans et commerçants, qui ne sommes pas payés pendant les grèves, commençons à avoir une furieuse envie de descendre dans la rue.
Je pense
aussi que, pour couronner le tout, nous nous dirigeons tout droit vers
une crise de l’immobilier, les “classes moyennes” futures n’auront
plus les moyens d’acheter leur logement.
Les classes politiques successives ont échoué, qu’elles soient au pouvoir ou non, elles n’ont
aucune solution à nous proposer.
Cette solution viendra de nous, les
anonymes et les sans grade.
N’est-il pas vrai que : “quand on n’a pas
de pétrole, on a des idées”.
Ayons confiance en nous et nous nous
en sortirons par notre solidarité, notre humanisme, pour nous et nos
enfants.
Adichat
Jean ALEXANDRE
NORD
BASSIN
Port Ostréicole d’Andernos : sa nouvelle physionomie Photo : comptoir de le photo Andernos
L’homme, dès son apparition sur terre, consomma
des huîtres ; dès la plus haute Antiquité, les gisements d’huîtres étaient considérables tout au long de la
côte atlantique.
L’huître est célébrée depuis toujours
par les artistes, peintres, tel Jean-François de Troy, et
écrivains, parmi lesquels, Ausone, sans doute le
conteur le plus enthousiaste (il vantera au IVe siècle la
qualité des huîtres du pays de Buch), suivi quelques
siècles plus tard par Rabelais et La Fontaine.
Tout au
long des siècles, les gisements huîtriers étaient considérés comme inépuisables et donc leur exploitation illimitée.
En vertu de quoi, le pillage systématique des
gisements s’organisa, par dragage dans les chenaux,
par ratissage sur les crassats, amenant progressivement la disparition des huîtrières naturelles.
Au milieu
du XVIII° siècle, les pouvoirs publics, prenant conscience de la catastrophe, notamment dans le Bassin
d’Arcachon, le premier touché, réglementèrent la
pêche des huîtres, allant jusqu’à l’interdire en 1750,
pendant trois ans, puis de nouveau en 1759, pour une
durée de six ans, réduisant cependant la période d’interdiction de pêche, colportage et vente, du 1er avril au
31 octobre, puis enfin, le 16 août 1766, interdisant la
vente d’huîtres du 1er mai au 31 août (les fameux mois
sans r).
Bien que rigoureuse, cette réglementation fut
peu à peu oubliée et l’on se retrouva, dans la première
moitié du XIX° siècle, dans une situation de pénurie.
C’est en 1849 que naît, pour la première fois, l’idée de
parcs, mais c’est sous Napoléon
III que va s’implanter une véritable
ostréiculture, par la création de
parcs impériaux, et grâce aux
efforts de Coste, missionné par
l’Empereur, et à l’invention de
Michelet, en 1865, qui trouve la
potion magique, en l’espèce un
mélange de chaux et de sable
dont on enduit les tuiles permettant ainsi de détacher, sans les
casser, les jeunes huîtres qui y
sont fixées.
Jusqu’en 1920, date à
laquelle une terrible maladie va la
décimer, l’huître plate ou gravette
(Ostrea edulis), prédominait largement dans le Bassin.
La portugaise (Crassostrea angulata), minoritaire, mais présente, qui ne fut pas
affectée par le virus, prit la place
laissée libre, mais pour un temps
seulement.
En effet, dans les
années 1970, la portugaise, frappée à son tour par une
maladie, disparut et fut remplacée par une huître creuse, provenant du Pacifique, la gigas (Crassostrea
gigas).
Dès son origine, l’ostréiculture arcachonnaise
adoptera une forme artisanale
d’exploitation familiale, comprenant pour équipage, le mari, la
femme et le ou les enfants.
Le
métier, par nature pénible, l’est
doublement pour ceux qui sont
éloignés des parcs.
Comme les
autres, ils passent la marée sur
les parcs, exposés, en toutes
saisons, au vent, au froid, à la
pluie, au soleil, engoncés, l’hiver, dans une longue capote
rigide faite de toile épaisse passée à l’huile de lin pour l’imperméabiliser, avec aux pieds des
bottes cuissardes terminées par
de gros sabots, au bout desquels, il fallait parfois fixer des
patins à vase, les mastouns.
En
prime, le travail terminé, il fallait
rentrer au port.
Si les vents
étaientfavorables,onétablissait
la voile et on n’affrontait jamais que la pluie, le froid ou
la fatigue.
Mais si les vents étaient défavorables,
contraires, debout, alors il fallait rentrer la voile et sortir
les avirons pour tirer la pinasse, alourdie par les panetières d’huîtres et par l’eau qu’il fallait écoper sans
relâche.
Cette dureté, cette souffrance, vont provoquer,
de la part des parqueurs de Gujan, La Teste,Arès, une
véritable émigration vers des zones abritées, se prêtant
plus favorablement au métier, s’étendant du Cap
Ferret, au Sud, à Piquey, au Nord.
Ces ostréiculteurs,
dans des cabanes rudimentaires faites de planches, ou
dans de vieux pontons de gardiens de parcs désaffectés, vont ainsi s’installer sur la côte Noroît, jetant les
premières bases des villages ostréicoles.
Au Cap
Ferret, ils vont être précédés par les douaniers et les
gardiens du phare, premiers arrivants sédentaires, puis
par les pêcheurs, les péougayres, qui vont venir s’y
abriter ou s’y reposer, s’installant le plus près possible
des passes, à la pointe des Pêcheurs (aujourd’hui
Hortense) et le long des escourres protégées par le
banc du Mimbeau.
C’est là que vont s’établir définitivement les ostréiculteurs, créant les villages de la Douane
et du Phare, sur le domaine public maritime dont ils
sont les locataires bénéficiant d’autorisations d’occupation temporaires renouvelables.
Luc Dupuyoo - “Autrefois .
.
.
Le Cap Ferret”
Editions Confluence
LE CAP FERRET DANS L’HISTOIRE DE L’OSTRÉICULTURE
[Less]
Insert a miniCalaméo on your website or your blog