Fourmies en 1891
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EN PLEIN CENTRE DE FOURMIES
Le pied coincé dans un rail une
fillette est broyée par le
tramway qui, en reculant
l’écrase une seconde fois
C ÉTAIT EN 1891.
.
.
Une fillette est broyée par le tramwayLe 30 juin 1891, vers 4 h.
du...
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EN PLEIN CENTRE DE FOURMIES
Le pied coincé dans un rail une
fillette est broyée par le
tramway qui, en reculant
l’écrase une seconde fois
C ÉTAIT EN 1891.
.
.
Une fillette est broyée par le tramwayLe 30 juin 1891, vers 4 h.
du
soir, le quartier le plus
populeux de Fourmies était
mis en émoi par un terrible
accident.
C était l heure où les enfants
sortent des écoles et les rues
étaient sillonnées de groupes
de garçons et de filles se
livrant à leurs ébats en
retournant chez eux.
Un de ces groupes était Composé de trois ou quatre
fillettes.
Celles-ci se
trouvaient sur le trottoir à un
point que l on situerait
actuellement devant «
Fourmies-Délice » (fin rue StLouis, début rue J.
-Jaurès) et
devaient, pour retourner
chez elles, traverser le
carrefour formé à cet endroit
par les quatre rues qui y
aboutissent : Thiers, SaintLouis, du Palais et de
l Industrie (c est-à-dire
Casanova et J.
-Jaurès).
Or, dans la rue St-Louis
passe le tramway sur route
qui de Wignehies à la gare
de Fourmies dessert une
agglomération de plus de
30.
000 habitants composée en
grande partie d ouvriers qui
sont employés dans les
nombreux établissements de
ce pays qui a pris une si
grande extension
industrielle .
Pour arriver
dans la rue du Palais qui les
conduisait chez elles, ces
enfants étaient donc dans
l obligation de traverser le
carrefour.
A ce moment, le tramway arrivait, venant de Wignehies
et se dirigeant vers la gare,
remorquant seulement deux
plateformes vides.
Le
mécanicien qui conduisait
la machine, devait à cet
endroit très fréquenté,
marcher assez lentement
pour pouvoir s arrêter
instantanément, la plus
vulgaire prudence le commandait.
Cela lui était
prescrit par un arrêté du 4
décembre 1886 où il est dit
: « Dans les parties où la
voie est masquée en avant
du train, le mécanicien
devra ralentir de façon à
pouvoir toujours arrêter
dans la partie en vue ».
Les fillettes qui venaient de
s engager sur la voie
passèrent sauf une, la petit
Gabrielle Pirlot, âgée de 5
ans qui, restant sur la
voie, poussait des cris et
se livrait à des mouvements
désordonnés qu on ne
s expliquait pas alors mais
qui s expliquèrent plus
tard, la pauvre enfant
avait le talon pris dans la
« rigole » formée par le
double rail placé à
l entrée de la rue du
Palais.
Toutes les personnes
qui étaient dans les
environs, passant, ou sur le
pas de leur porte, virent
immédiatement le danger
et, par leurs cris et leurs
signes, tâchèrent d éveiller
l attention du machiniste qui
ne paraissait n avoir rien
vu et, ce ne fut qu arrivé à
quelques mètres de l enfant
qui venait de tomber
épuisée par les efforts
qu elle avait faits pour
dégager son pied que le
Conducteur l’aperçu.
Il fit alors tous les efforts pour
arrêter sa machine, mais il était
trop tard, l enfant était coupée
en deux par les roues qui lui
passèrent sur le corps.
Le père de la petite Gabrielle,
Xavier Pirlot est un brave ouvrier
fileur, employé depuis des années
dans un établissement de Sainsdu-Nord.
Lui et sa femme font
un ménage excellent et, leur
enfant unique Gabrielle était
adorée d eux et de sa grand-mère
avec qui elle demeurait à
Fourmies pour suivre les cours
d une école de cette ville.
On se
rend compte facilement du
désespoir de ces malheureux
parents quand ils se trouvèrent
en présence des débris de ce
pauvre petit corps mutilé qu on
avait rapporté chez la grand-mère
et, détail navrant quand on
retira les souliers, on s aperçut
que l un des talons manquait, ce
qui confirmait l hypothèse qu on
avait faite pour expliquer que
Gabrielle n avait pu suivre les
autres enfants.
Les obsèques eurent lieu le
12 juillet au milieu d une foule
considérable, émue et indignée.
Suivant les conseils qui lui
furent donnés, Xavier Pirlot
demanda et obtint l assistance
judiciaire, pour attaquer devant
le Tribunal d Avesnes le
mécanicien auteur de l accident
et la Compagnie des Tramways
comme civilement responsable,
en réparation du dommage qui
lui avait été causé par la mort
de son enfant.
La partie civile donne une relation précise de l accident, relation qui prouve la responsabilité
du mécanicien et de la société des
Tramways.
,
« Au moment où la petite Gabrielle
était retenue par son talon coincé
dans les rails, le train se trouvait
face la porte de la concierge de la
filature du Palais (actuellement
Théâtre) et de la maison Genestin,
marchand de meubles.
Le mécanicien, qui venait de
lâcher toute vapeur pour pouvoir
gravir la côte de la rue Thiers,
regardait les enfants qui revenaient
également de l école.
Distrait, il
n entendit pas les cris des personnes
effrayées de voir la petite Pirlot ne
pouvant se débarrasser le pied captif
dans le rail.
Allant, au contraire à
toute vapeur, le mécanicien franchit
à toute vitesse les cinquante mètres
qui le séparaient de la victime et
écrasa l enfant.
Ayant enfin stoppé,
il fit machine arrière, c est ainsi que
la petite fut broyée une seconde
fois.
Parmi les témoins de cet horrible
accident, citons : MM.
Henri
Delloue, filateur ; Lucien
Vandesmehen ; Auguste Leclercq
Mlle Marie Roger ; Mme Watteblet ;
M.
Jorine, plafonneur et Mme
Dandrimont.
Le tribunal d Avesnes
a repoussé la demande de réparation de la famille sur ce motif «
C était par la faute de l enfant que
l accident était arrivé Sur appel et
par arrêt du 17 janvier 1893, la
Cour de Douai a confirmé en son
entier le jugement du Tribunal
d Avesnes.
Dans une communication
à la population fourmisienne, M.
Cousin-Corbier, indigné, devait dire :
« Ouvriers de Fourmies, prenez
garde ! De par l arrêt de la Cour
de Douai, les tramways de
Fourmies ont le droit d’écraser
vos enfants ! »
* Voix du Nord du 06/07/1963
Dans la grande rue, l’arrêt du tramway prés de la Mairie
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