Manifeste pour une finance au service du bien commun
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Observatoire de la Finance 32, rue de l’Athénée 1206 Genève, Suisse Tél. : +41 22 346 30 35 Fax: +41 22 789 14 60 www. obsfin. ch E-mail: office@obsfin. ch ObservatoiredelaFinanceObservatoiredelaFinance ObservatFinance Fondation de droit suisse, domiciliée à Genève où elle jouit d’un statut d’utilité publique, l’Observatoire de la Finance est gouverné par un Conseil composé de : Yves Burrus, Jean-Loup Dherse, Andrew Hilton, Paul-André Sanglard, Anthony Travis et Ernesto Rossi di Montelera (président). Direction : Paul H. Dembinski ObservatFinance Manifeste de l’Observatoire de la Finance « Pour une finance au service du bien commun » Les turbulences financières actuelles, quel que soit leur aboutissement immédiat, sont de nature systémique. Elles sont le symptôme de la pression croissante qui, année après année, fragilise les assises matérielles, sociales, intellectuelles et éthiques du système socio-économique basé sur la liberté politique et économique. Dans un rapport récent1 , l’Observatoire de la Finance procède à une analyse étendue de cette transformation qui, si elle n’est pas d’abord identifiée et ensuite désamorcée, risque de détourner à brève échéance l’économie de marché de sa vocation première qui est de promouvoir la dignité et le bonheur de la personne humaine. Une société n’est jamais figée ; elle est en quête permanente et décentralisée des arrangements les mieux adaptés aux enjeux du moment. Il en va ainsi aujourd’hui. Depuis une trentaine d’années (depuis la fin des « Trente glorieuses »), la place de la finance n’a cessé d’augmenter aussi bien dans l’économie que dans les représentations et les aspirations des acteurs politiques, économiques et sociaux. Ce processus de montée en puissance de pratiques, de techniques mais aussi de représentations et de valeurs liées à la finance est parfois qualifié de « financiarisation ». C’est à l’analyse des multiples dimensions du processus de financiarisation que l’Observatoire de la Finance a consacré son dernier rapport. Le rapport montre comment la financiarisation a transformé l’économie et la société contemporaines en les organisant autour d’une nouvelle cohérence centrée sur l’efficacité financière. Aujourd’hui, poussée à l’extrême, cette cohérence approche de son point de rupture. LE DIAGNOSTIC Au terme des Trente glorieuses les pays occidentaux ont massivement adossé des promesses de rentes et de retraites à des volumes d’épargne détenus durablement sous forme de liquidités financières. La viabilité à long terme de ces constructions faites de promesses est aujourd’hui dépendante de la capacité de rendement des instruments financiers en question. Parallèlement, se sont développés d’autres « silos d’épargne » avec leurs propres exigences de rendement. Cette évolution a progressivement exposé l’économie dite productive à une ponction croissante l’obligeant à consacrer un volume toujours plus grand – en termes absolus et en proportion – de la valeur ajoutée à la rémunération de l’épargne ainsi placée. Dans un premier temps, ce sont les entreprises cotées en bourse qui ont subi cette pression. Elles l’ont reportée ensuite dans trois directions complémentaires : leurs collaborateurs à travers le monde soumis à des exigences de résultats de plus en plus poussées, les consommateurs exposés à une pression toujours plus forte de l’innovation couplée aux techniques de marketing de plus en plus sophistiquées, et les entreprises plus petites, au Nord comme au Sud, les fournisseurs et les distributeurs des grands, soumises elles aussi à une pression de résultats souvent insoutenable. 1 Dembinski, Paul H. , Finance servante ou finance trompeuse ?, Rapport de l’Observatoire de la Finance, Paris, Desclée de Brouwer, mars 2008, 200p (plus d’informations : www. obsfin. ch).