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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 1-2, 1994, p.
65-82.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
Ce document peut être reproduit librement, à condition d’en mentionner la source.
JOHN LOCKE
1632-1704
Richard Aldrich
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John Locke fut un grand pédagogue à plusieurs titres.
Ce fut d’abord lui-même un praticien de
l’éducation et un vulgarisateur de ses thèses dans ce domaine.
Le présent aperçu porte sur sa vie,
qu’il consacra à l’éducation, sur sa théorie de la connaissance, ses conseils aux parents en matière
d’éducation des enfants et sur ses priorités pédagogiques, notamment en ce qui concerne les
programmes d’enseignement.
Mais Locke apporta aussi une contribution signalée au savoir humain
dans des domaines comme la théologie, l’économie, la médecine, la science et, en particulier, la
philosophie politique.
Cette double excellence situe Locke, dont on peut soutenir qu’il a été le
pédagogue le plus important de l’histoire anglaise, dans une tradition fort ancienne et honorable.
En
effet, comme Nathan Tarcov l’a fait observer : « si les philosophes ont pu se signaler à la fois dans le
domaine de la théorie pédagogique et dans celui de la théorie politique, c’est depuis Platon dont la
République est la source commune de ces deux disciplines » (Tarcov, 1984, p.
1-2).
L’Angleterre du XVIIe siècle
Au XVIIe siècle, l’Angleterre connut deux révolutions.
En 1649, après des années de guerre civile,
la première révolution prit fin avec l’exécution du roi Charles Ier Stuart et avec l’instauration de la
république (Commonwealth) remplacée en 1653, par le protectorat d’Olivier Cromwell.
En 1660, la
monarchie fut restaurée sous Charles II et, à la mort de celui-ci en 1685, c’est dans des conditions
relativement paisibles que son frère cadet, Jacques, hérita du trône.
Cependant, il sembla une fois de
plus que les traditions parlementaires du pays et l’Eglise protestante étaient menacées.
Une nouvelle
opposition à la monarchie des Stuart vit le jour et, en 1688, une seconde révolution éclata ; cette
fois, le roi Jacques II put s’enfuir en France, échappant ainsi au sort de son père.
Le trône fut confié
à sa fille aînée, Marie, et à son époux, le prince Guillaume d’Orange.
Ces événements ont certainement retenti sur l’existence de bien des gens, voire de
l’ensemble des populations de l’Angleterre, de l’Irlande, de l’Ecosse et du Pays de Galles au cours
du XVIIe siècle.
Il faut absolument les prendre en compte pour comprendre la vie et l’oeuvre de
John Locke, observateur averti des controverses politiques, constitutionnelles, religieuses,
économiques et éducatives de cette époque capitale, auxquelles il lui arriva aussi de prendre part.
En effet, il était étroitement lié à l’un des grands hommes politiques de l’époque, Anthony Ashley
Cooper, premier Comte de Shaftesbury.
En 1683, Locke estima préférable de se retirer en Hollande, bien que l’on ne sache pas
exactement si c’était sa santé physique ou sa santé politique qui l’exigeait.
En 1688, il revint en
Angleterre en partisan du nouveau régime, et Guillaume d’Orange souhaita même lui offrir le poste
d’ambassadeur auprès de l’Electeur de Brandebourg, honneur qu’il refusa.
Néanmoins, il fut
nommé à d’autres fonctions publiques puisqu’il exerça les charges de commissaire d’appel et de
membre du nouveau Conseil du commerce (Conseil of Trade).
Mais si les années 1690 furent
importantes, c’est moins parce que Locke y participa à la vie politique que parce qu’il lui fut
désormais possible de publier ses principaux ouvrages, certains en chantier depuis de nombreuses
années.
On citera les Lettres sur la tolérance (1689), l’Essai philosophique concernant
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