Grands penseurs en éducation- Victor Mercante
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXVI, n° 2, juin 1996, p.
441-458.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXVI, n° 2, juin 1996, p.
441-458.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
Ce document peut être reproduit librement, à condition d’en mentionner la source.
VICTOR MERCANTE
(1870-1934)
Inés Dussel1
L’Argentine est, avec l’Uruguay et le Chili, l’un des pays d’Amérique latine qui se
modernisèrent de bonne heure.
Un facteur essentiel de cette modernité fut la mise sur pied d’un
système national d’éducation qui sut intégrer et rendre homogène la population des provinces
et, surtout, la grande masse des immigrants.
Tout cela fut possible grâce au développement de
l’enseignement primaire public et à un système uniforme de formation des maîtres.
La pédagogie sur laquelle a reposé ce développement a reçu le nom de normalisme, car
sa base était constituée par les écoles normales2
.
Associant à leur façon le positivisme, le
krausisme et d’autres courants de l’époque, les adeptes du normalisme, que nous appellerons
ici normaliens, plaçaient leur foi dans l’aptitude de l’individu à s’instruire, la science et le
progrès.
Ils mettaient l’accent sur le rôle fondamental de l’enseignant dans la formation des
enfants, citoyens de l’avenir.
Ils croyaient, par ailleurs, que l’étude scientifique de la pédagogie
permettrait de découvrir les lois et les méthodes d’enseignement les plus efficaces3
.
Victor Mercante (1870-1934) fut l’un des représentants les plus éminents de ce courant.
Diplômé de l’École normale de Paraná, il dirigea deux écoles normales de province avant de se
consacrer à la recherche psychopédagogique à l’Université de La Plata.
Il écrivit de nombreux
ouvrages de pédagogie, des manuels scolaires et des traités scientifiques portant sur une
nouvelle discipline, la paidologie.
Positiviste orthodoxe, il chercha à structurer une pédagogie
scientifique reposant sur des bases psychologiques et biologiques et sur l’observation de
milliers d’enfants et d’adolescents.
On lui doit également d’importantes contributions à la
rénovation des plans et programmes d’études et des manuels.
Sa fidélité à l’orthodoxie
positiviste lui valut, vers la fin de sa vie, d’être relégué à une place mineure dans le monde des
pédagogues, comme le dernier spécimen d’un courant en voie de disparition4
.
Une vie réalisée5
La vie de Mercante peut être considérée comme la réalisation du rêve d’Amérique des
immigrants.
Fils d’un agriculteur italien appauvri par les aléas de la vie et d’une descendante
d’une famille patricienne de Ligurie, il grandit dans un foyer qui ne réussit jamais à « remonter
la pente ».
Né à Merlo, dans la province de Buenos Aires, il retourne en Italie à l’âge de sept
ans avec tous les siens, pour revenir s’installer définitivement dans son pays natal en 1880.
De
ces années champêtres, Mercante gardera des souvenirs idéalisés : « J’ai été élevé dans un
milieu vivant et pur, près de mes parents, loin du contact périlleux d’une trop grande foule
d’élèves, sous l’influence de choses et d’actes toujours nobles et à jamais inoubliables »6
Dans son village natal, il fréquente pendant quatre ans l’école de Bernardo Moretti, qui
sera pour lui un guide et un modèle : le maître s’impose par son style, non par la force, il
emploie la suggestion avec les enfants, et maintient des liens étroits avec les collectivités
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