Grands penseurs en éducation- Joseph Priestley
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 1-2, 1994, p.
355-367.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 1-2, 1994, p.
355-367.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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JOSEPH PRIESTLEY
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(1733-1804)
Ruth Watts
2
Aujourd’hui connu peut-être surtout pour avoir découvert l’oxygène, Joseph Priestley l’était de son
temps, qu’on l’aimât ou non, comme chef politique et religieux aux positions radicales.
Il fut en
même temps un grand éducateur, qui puisa dans la pratique la matière de ses nombreux traités de
pédagogie.
Son influence dans ce domaine fut profonde en Angleterre, où elle s’exerça de manière
immédiate dans les milieux éducatifs radicaux, en particulier dans les cercles liés au mouvement
religieux unitarien, pour marquer ensuite, de façon plus diffuse, l’évolution de l’enseignement au
XIXe siècle.
A l’époque où vécut Priestley, l’Angleterre était dominée par des pouvoirs établis
regroupant la grande et la petite aristocratie terrienne ainsi que le clergé, cependant que des
transformations massives affectaient le paysage social, économique, intellectuel et culturel.
L’aristocratie, composée de grands propriétaires terriens qui occupaient les postes clés à la Cour et
dans l’Église d’Angleterre, exerçait jalousement le pouvoir politique et gérait, avec la petite
noblesse de terre, les affaires locales.
Cependant, les classes intermédiaires de la société négociants enrichis par le commerce du tabac et la traite des Noirs et nouveaux industriels qui
amassaient des fortunes grâce à l’exploitation du charbon et du fer ainsi qu’aux manufactures de
coton - se faisaient plus nombreuses et prenaient conscience de leur poids.
L’industrialisation et
l’urbanisation, à leurs débuts, suscitaient de nouvelles tensions et de nouveaux regroupements au
sein de la société (Porter, 1990).
Ces tensions se faisaient sentir dans le domaine religieux, où ceux qui refusaient d’obéir à
l’Église établie — l’Église d’Angleterre — se voyaient condamner comme dissidents ou nonconformistes.
Les plus radicaux, parmi lesquels figuraient les Unitariens, étaient ceux qui se
réclamaient de la raison.
Quoique peu nombreux, les Unitariens attirèrent beaucoup de grands
industriels et d’intellectuels progressistes.
Le groupe, qui se situait dans la mouvance des
« Lumières » pensait que les instruments qui permettaient le mieux de comprendre l’homme et son
milieu étaient la raison, l’expérience pratique et l’expérimentation, mais ils amalgamaient religion,
philosophie et science, suprêmement convaincus que la science était un moyen d’accéder à la
rationalité de la création de Dieu et qu’il ne pouvait résulter que du bien de la libre investigation.
Tolérants et optimistes, ils recherchaient l’instauration d’un ordre moral juste dans la société.
Ils
furent partisans de l’indépendance des États-Unis d’Amérique et accueillirent avec enthousiasme la
Révolution française.
Nombre d’entre eux participèrent à la lutte engagée pour réformer la
constitution du royaume en élargissant l’accès au pouvoir et la participation politique et en
révoquant les lois en vigueur contre les dissidents.
Autant de domaines où Joseph Priestley joua un
rôle de premier plan.
Sa vie et son œuvre éducative
Priestley naquit et fut éduqué dans le Yorkshire mais, de 1752 à 1755, il fréquenta l’académie de
Daventry, l’un des établissements « dissidents » d’enseignement supérieur les plus cotés de
l’époque.
Par rapport à ce type d’établissements, le système éducatif anglais traditionnel souffrait de
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