Grands penseurs en éducation- Martin Buber
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993,
p.
135-147.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993,
p.
135-147.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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MARTIN BUBER
(1878-1965)
Kalman Yaron
1
La découverte par Buber de l’univers du hassidisme — ce courant mystique qui parcourut l’Europe
orientale au XVIIIe siècle — explique l’influence considérable qu’il devait exercer sur la pensée
religieuse contemporaine.
En recueillant les contes hassidiques, Buber a mis en évidence les sources
de sa propre religiosité — l’idée d’un dialogue permanent entre l’homme et Dieu — telle qu’elle est
exposée dans son ouvrage classique Je et Tu (1923).
Si les théologiens chrétiens reconnaissent en
Buber l’interprète privilégié du judaïsme, de nombreux Juifs — dont l’éminent penseur Gershom
Scholem — lui reprochent d’être un anarchiste religieux, tandis que les Juifs libéraux le considèrent
comme le principal porte-parole du judaïsme contemporain.
Certains soutiennent que l’enseignement de Buber « se cantonne dans des hauteurs
éthérées », que son mysticisme est réservé à un cercle limité de disciples et d’érudits, que sa pensée
n’a pas de rapport avec notre monde pragmatique.
Buber se serait assurément opposé à ce que l’on
considère son œuvre comme une admirable pièce de musée.
En fait, toute sa vie durant, non
content de poursuivre sa propre aventure intellectuelle — philosophie, sociologie, recherches
bibliques -, il se passionna aussi pour les grands débats de son temps : la signification de l’existence
humaine dans le monde moderne, le nationalisme, l’essence du judaïsme, le socialisme des kibboutz,
le sionisme, la confrontation judéo-arabe.
Dans un premier temps, Buber se consacra, avec Franz Rosenweig (1885-1929), à la
traduction de la bible hébraïque en allemand.
Il sut également appliquer ses théories abstraites — le
principe du dialogue, par exemple — à la psychothérapie, à la politique, aux relations humaines et à
l’éducation.
Pendant une grande partie de sa vie, Buber fut aussi un pédagogue et une figure
marquante du mouvement sioniste.
Enfin, il milita en faveur de la coexistence judéo-arabe —
essentiellement dans le cadre du mouvement Ihud [Union], qui visait à la création d’un état
binational judéo-arabe en Palestine.
« Toute vie réelle est rencontre »
Pour Buber, « au commencement est la relation ».
Il part du principe que l’être humain est par
essence un homo dialogus, que la personne est incapable de se réaliser sans communier avec
l’humanité, avec la création et avec le Créateur.
L’être bubérien peut également se définir comme
un homo religiosus, car l’amour de l’humanité conduit à l’amour de Dieu et réciproquement.
La
divine Présence participe à toute rencontre authentique entre les êtres humains et elle habite ceux
qui instaurent un véritable dialogue : « Le céleste et le terrestre sont liés l’un à l’autre.
La parole de
qui souhaite parler avec l’être humain sans parler avec Dieu ne s’accomplit pas ; mais la parole de
qui souhaite parler avec Dieu sans parler avec l’homme se perd ».
Le dialogue repose sur la réciprocité et la responsabilité.
La responsabilité existe
uniquement là où il y a réponse réelle à la voix humaine.
Les enseignements de Buber sur la réponse
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