Pour sauver ma peau.
Je prends souvent le train au hasard.
Le premier qui me vient.
Qu il m’emmène où il veut, peu
m importe.
Il est mon guide et moi sa brebis égarée.
C est ainsi que je fuis ma vie, que je sauve ma
peau .
Je monte dedans, je laisse mon histoire sur le quai de la gare, je prends celle du train, j en fais
la...
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Pour sauver ma peau. Je prends souvent le train au hasard. Le premier qui me vient. Qu il m’emmène où il veut, peu m importe. Il est mon guide et moi sa brebis égarée. C est ainsi que je fuis ma vie, que je sauve ma peau . Je monte dedans, je laisse mon histoire sur le quai de la gare, je prends celle du train, j en fais la mienne. Elle remplace chaque parcelle de ma mémoire par une d imagination. Mais que je fasse toujours cet échange dans un train, une gare, que je puisse partir si mes rêves deviennent cauchemars. C est la première fois que je vois cette ville et pourtant elle me rappelle vaguement des images en diapositive. Ces grands immeubles délabrés, serrés autour d une place sont ceux de mes cours d histoire. Ils sont toujours crèmes , jaunes ou oranges passées. Pas un ne jure sur l autre, une immense photo en sépia s offre à moi lorsque je quitte la gare . Je me sens perdue, orpheline de moimême. Je suis venue pour ça. Je suis vidée, heureuse. Pourtant la soif
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From andorfée
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Pub. on Apr. 4th 2013
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Néfaste
Néfaste n existe pas encore, pourtant elle n est déjà pas de ces femmes qui attendent, elle ne fait plus
partie de ce monde à la merci du destin.
Elle ne comprend plus la soumission, qui ne lui apportait
que l horreur.
Quand elle reprendra vie en harpie, elle sera enfin elle même, elle sera Néfaste
entièrement.
Au...
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Néfaste Néfaste n existe pas encore, pourtant elle n est déjà pas de ces femmes qui attendent, elle ne fait plus partie de ce monde à la merci du destin. Elle ne comprend plus la soumission, qui ne lui apportait que l horreur. Quand elle reprendra vie en harpie, elle sera enfin elle même, elle sera Néfaste entièrement. Au creux de ses reins, beaucoup d hommes perdront leurs âmes, ils y joueront leurs vies paisiblement, avec joie. Elle n en demandait pas tant, mais Abigail l a toujours aimée. Elle est son côté virginal, neuf, sa cruelle beauté, son assassine machine volante. « J ai laissé nos terres, j ai vendu le château aux villageois, et si tu es en colère tant mieux. Tu avais promis de revenir, tu l avais dit clairement. Tu avais promis qu on ferait un beau jardin, que nos petits grandiraient dedans, qu à perte de vue on verrait les villageois travailler dans nos champs de blés bleus. Ce bateau qui t a emmené loin de moi, je l ai béni, la mer que tu allais fouler je l ai ap
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From andorfée
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Pub. on March 14th 2013
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La Demoiselle
I
Elle était trop belle peut être , comme une Esméralda pourchassée, elle n avait plus une
seconde à consacrer à ses adorateurs.
Toute la rue était folle d elle.
Le moindre mâle du
quartier, les hommes de toute la ville l aimaient.
Il semblait suffire d avoir croisé sa route
pour l adorer.
Elle n avait pas de...
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La Demoiselle I Elle était trop belle peut être , comme une Esméralda pourchassée, elle n avait plus une seconde à consacrer à ses adorateurs. Toute la rue était folle d elle. Le moindre mâle du quartier, les hommes de toute la ville l aimaient. Il semblait suffire d avoir croisé sa route pour l adorer. Elle n avait pas de nom , n avais jamais voulu le donner sûrement. Si bien que lorsque dans la ville, on parlait de La Demoiselle chacun savait que c était de cette fleur magnifique que l on causait. Elle semblait énigmatique sans l avoir voulu , n ayant même en pensée, jamais voulu traverser la frontière du mythe qu on avait fait d elle. La Demoiselle était devenue pieuse et chaste, lasse ma foi , d avoir tant de choix pour mari, mais surtout puisque le seul qu elle aimait n avait jamais osé demander sa main. Pourtant plusieurs fois il lui avait sourit, plusieurs fois il avait insisté de ses yeux pour la garder auprés de lui. Il venait presque chaque mois prendre des cours de
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From andorfée
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Pub. on Feb. 13th 2013
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Prends ta douleur ma douce.
« Regardes cet ennui qui te remplit.
T en es pleine, à ne plus savoir qu’en faire.
Et plus tu n en fais rien, plus il te pompe ton énergie.
Le temps se vide, il ne te sert plus, il se défile.
Et
puisque tu le perds dans sa fuite, même quand tu cours, même quand tu ris, tu t’ennuies.
Tu as...
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Prends ta douleur ma douce. « Regardes cet ennui qui te remplit. T en es pleine, à ne plus savoir qu’en faire. Et plus tu n en fais rien, plus il te pompe ton énergie. Le temps se vide, il ne te sert plus, il se défile. Et puisque tu le perds dans sa fuite, même quand tu cours, même quand tu ris, tu t’ennuies. Tu as perdu ma douce. » La petite fille n applaudit pas. Elle s en contrefout du clown. Elle ne joue ni avec ses doigts ni avec ses cheveux. Elle trouve ce geste laid, ce n est pas digne d elle. Elle ne bouge pas, n attend rien, comme si on peignait son portrait. Droite, fière, un demi-sourire figé, une poupée de cire, passablement jolie. Oui elle n attend rien, elle s en fout du temps. D ailleurs, que représente-t il pour elle qui si jeune ne le comprend pas ? Elle est immortelle, sa jeunesse, comme son temps. C est pour cela qu elle s en fout. Rien ne peut l ennuyer, rien, puisqu elle croit pouvoir le revivre à l’ infini. Alors dans cette multitude de temps, d
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From andorfée
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Pub. on Feb. 12th 2013
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Le pacte du chapeau.
Ils sont assis tous les deux.
Il ne fait pas vraiment froid, mais ils sont couverts, ils s abritent du
regard extérieur.
Lâches.
Sont ils encore beaux ? Sont ils devenus laids ? La laideur de notre âme ne
transparaît pas toujours sur nos traits.
Sauf lorsqu on culpabilise, lorsqu on s en veut d avoir sali...
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Le pacte du chapeau. Ils sont assis tous les deux. Il ne fait pas vraiment froid, mais ils sont couverts, ils s abritent du regard extérieur. Lâches. Sont ils encore beaux ? Sont ils devenus laids ? La laideur de notre âme ne transparaît pas toujours sur nos traits. Sauf lorsqu on culpabilise, lorsqu on s en veut d avoir sali notre âme vierge. Alors on finit plein de rides d angoisse, on finit vieux avant l âge. L un des deux se redresse, fier, arrogant comme d habitude. Automatiquement le deuxième a suivi le mouvement sur le banc. Non, ils resteront beaux tous les deux. C est une trop belle journée pour la gâcher par de la culpabilité. Le soleil n est pas souvent là en cette période de l année, il faut lui faire honneur. Le destin de ces deux hommes s est lié, il y a dix ans. Pendant une nuit où elle l a aimé lui, une nuit où il s est donné entièrement, rien que pour elle, pour la seule fois de sa vie. A cette époque les deux hommes ne se connaissaient pas, ou alors à tr
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From andorfée
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Pub. on Jan. 23rd 2013
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Son dominateur.
Elle avait passé presque deux heures a se préparer ce jour là.
Elle s était vêtue des vêtements qu il
avait demandé,exigé.
Elle avait encore pris quelques photos, elle se sentait belle .
Et comme promis
elle n avait pas mis de sous vêtements.
Elle avait peint ses ongles, tremblante, d un rouge sombre,...
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Son dominateur. Elle avait passé presque deux heures a se préparer ce jour là. Elle s était vêtue des vêtements qu il avait demandé,exigé. Elle avait encore pris quelques photos, elle se sentait belle . Et comme promis elle n avait pas mis de sous vêtements. Elle avait peint ses ongles, tremblante, d un rouge sombre, couleur de sa robe a bretelles. Ces cheveux longs lui chatouillaient les hanches , heureux sûrement d’être enfin libre. Pour son travail , elle les nouait en chignon serré, compacte, prisonniers. Toute a l heure elle aurait besoin d’eux détachés , pret a être agrippés. En fermant la porte elle disait au revoir a son autre , a la fille sage , a son masque . Elle prenait le train angoissée, sa jupe était si courte qu elle craignait d’être dénudé a chaque marche. Il ne fallait pas qu elle file ses bas, tout le monde pouvait voir leurs bandes noires joliment décorées tout en haut de ses cuisses. Il fallait qu elle soit parfaite pour lui. Dans le train les hommes l
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From andorfée
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Pub. on Dec. 12th 2012
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Babel
Gn 11:4-Ils dirent : Allons !
Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne
soyons pas dispersés sur toute la terre !
On est bien cent hommes à recommencer le projet de nos ancêtres, ici au même endroit, sur les
éboulements de la première Babel, sur notre ville...
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Babel Gn 11:4-Ils dirent : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre ! On est bien cent hommes à recommencer le projet de nos ancêtres, ici au même endroit, sur les éboulements de la première Babel, sur notre ville cimetière. Cent hommes à y croire de nouveau, à croire au chef d oeuvre de l homme, unis une nouvelle fois. Majestueuse et gigantesque, Babel renaît de cette envie que nous avons tous à Lui dire non. Je ne verrai sûrement jamais la fin de notre entreprise, mais être là pour la voir grandir, éponger la sueur, panser certaine de mes plaies. Elle est l’horloge de notre vie. Nous mangeons dans son ombre, les cent ouvriers assis comme une tour d’hommes à son pied, son double humanoïde. Je l ai rêvée ma Babel, je l ai dessinée dans ma tête mille fois, imaginée sous toutes ses coutures comme ma vengeance. Ma douce Babel, qui me mènera vers Dieu, et Dieu qui répondra à mes
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From andorfée
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Pub. on Oct. 14th 2012
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La mission 363
Mon boulot n’est pas des plus faciles.
Ironiquement, je suis parfois ma propre victime.
Chasseur de têtes en soi ce n’est pas compliqué.
Dans les films c est encore plus simple, sans
compter les films américains, enfantin.
C’est la vie autour du boulot qui se complique toute
seule.
C’est un job de...
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La mission 363 Mon boulot n’est pas des plus faciles. Ironiquement, je suis parfois ma propre victime. Chasseur de têtes en soi ce n’est pas compliqué. Dans les films c est encore plus simple, sans compter les films américains, enfantin. C’est la vie autour du boulot qui se complique toute seule. C’est un job de balance, je n’en suis pas fière. Je trouve un mec, je le localise et je le balance. Fin. C est pas un 90 heures semaine, j ai le temps d aller chez l esthéticienne. Je ramasse du fric et je me tape de savoir si je le fous dans la merde ou dans les pattes d’un bourreau. Bon parfois il se barre. Je lui mets une balle dans la jambe, si je la rate la deuxième est pour la tête. Oui, comme dans les films ! D autres fois le contrat est mortel de base, alors c’est moi qu’on recherche, ça dure deux états et puis après c’est oublié. Il y a sûrement un bureau spécial à l Organisme pour traiter ces affaires là. Ça ne me regarde pas. De toutes façons en générale je n’ai pas d
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From andorfée
Hier , j ai mangé Nolémus .
« Loin dans l infini s étendent
Les grands prés marécageux
Pas un seul oiseau ne chante
Dans les arbres secs et creux .
.
.
»
Chant des marais.
Camp de Bögermoorlied .
Eté 1933.
***
Assis sur le muret, dans ma main je tiens mon bâton d éleveur.
J ai sûrement fière
allure.
Je vois à...
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Hier , j ai mangé Nolémus . « Loin dans l infini s étendent Les grands prés marécageux Pas un seul oiseau ne chante Dans les arbres secs et creux . . . » Chant des marais. Camp de Bögermoorlied . Eté 1933. *** Assis sur le muret, dans ma main je tiens mon bâton d éleveur. J ai sûrement fière allure. Je vois à travers les barrières, mon troupeau, paisible, qui parle. Ce sont les meilleurs moments de ma journée. Au petit matin, le soleil à peine levé, les sangs-mêlés s ébrouent gentiment. Il fait si beau. Je ne pense pas encore à l abattoir, au chiffre toujours plus grand de ses demandes. Je ne vois que les petits qui tiennent en leur main des biberons, dont certains que je devrais tatouer et numéroter l année prochaine. D autres qui n auront pas cette chance. Je vois les adultes, sauvages et rebelles qui me regardent, qui me comprennent, qui savent ce que j attends d eux. Ils pleurent discrètement de voir partir certains d entre eux, ils rient de me voir pleurer avec eu
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From andorfée
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Pub. on August 2nd 2012
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STACY ET PACHA
La petite fille semblait déterminée, seuls les gens qui la connaissaient bien, auraient deviné que ce
n était pas encore une lubie de la capricieuse qu elle était.
Elle avait été élevée comme la princesse
des gitans du camps.
Elle se comportait comme telle.
Toujours à ses côtés, une ourse de plus de cinq...
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STACY ET PACHA La petite fille semblait déterminée, seuls les gens qui la connaissaient bien, auraient deviné que ce n était pas encore une lubie de la capricieuse qu elle était. Elle avait été élevée comme la princesse des gitans du camps. Elle se comportait comme telle. Toujours à ses côtés, une ourse de plus de cinq cent kilos, lui servait de garde du corps, plus souvent de monture et de couverture. Elle avait pris le bébé qu était encore Stacy comme l un de ses petits, et s était donnée la tâche de la domestiquer, de la dompter. L ourse pensait surtout en avoir la patience. Pourtant, malgré tout l instinct maternelle qu elle avait, parfois elle aurait voulu lui donner le coup de griffe que la petite fille méritait. Mais Stacy était bien plus fragile que tous les petits que l ourse avait eu à élever. Elle lui aurait brisé tous les os d un souffle rageur. « Puisque personne ne veut venir j irai seule, puis c est tout » L ourse l ignora de nouveau. Assise négligemment comme
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From andorfée
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Pub. on August 2nd 2012
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